J'aurais aimé la connaître, cette petite fille, cette gamine aux joues rondes et au sourire imperturbable. Est-il possible qu'elle soit déjà si loin dans ma vie ? Elle ne m'a laissé aucune trace, si ce n'est quelques traits qui me sont familiers, et des bribes de souvenirs qui me rappellent la quiétude de l'enfance.
Je voudrais lui ressembler, à cette gamine. Elle me fait marrer avec sa bouille de clown et son incapacité à tenir immobile plus de quelques minutes. Des fois on se demande si ses parents étaient compatissants, en la poussant à porter des robes bariolées et des pantalons multicolores avec des couettes à la Fifi Brin d'Acier. Bourreaux d'enfants! ; )
Entre les pâquerettes, Barbie, les tartes au pommes, l'arithmétique et le vernis à ongles, je menais une vie des plus simples et pourtant si bien rangée. C'était le bon temps, ouais. Un, deux, trois... Soleil.
Qu'elle était douce cette période, golden-age qui surpasse tous mes tracas. J'ai l'impression que c'était hier quand je me voyais crapahuter dans les arbres et dévaler la rue en vélo (avec les roulettes). Et pourtant, beaucoup d'années ont passé. La gamine évolue, s'approche de la fleur de l'âge et mûrit. Des obstacles se présentent à elle, et tant bien que mal elle parvient peu à peu à les surmonter, non sans éraflure.
Mais on dit que c'est en tombant qu'on apprend à mieux se relever.
Le premier baiser, le premier râteau, le premier voyage loin de Maman avec les copains, la première grosse bêtise (et celles qui ont suivi), le premier gros mot (et la première claque), la première touche de maquillage, la première fois, le premier "je t'aime", le premier chagrin, la première sortie en boîte, la première cuite... Ça passe trop vite. Et c'est pas fini.
Je m'en réjouis.
J'ai été cette gamine.
Et si je pouvais tout revivre, je le ferais.